Souvenirs de lecture #4

Toutes les histoires d’amour du monde – Baptiste Beaulieu
Editions Mazarine

C’est l’histoire de trois hommes, liés par le sang. Ils sont Moïse, le grand-père, Denis, le père, et Jean, le fils. Ils n’ont jamais su se parler, s’écouter et encore moins s’entendre, et c’est ce que voudrais changer le plus jeune d’entre eux.

Plusieurs mois après le décès de son aïeul, Jean voit son père débarquer au cabinet médical dans lequel il travaille alors qu’ils ne se sont plus parlé depuis la triste perte. Il a amené avec lui un paquet renfermant trois carnets, contenant eux-mêmes des lettres qu’aurait écrites Moïse durant des années. Elles sont toutes adressées à une femme ; elle n’est connue de personne dans leur famille, mais elle semble avoir été d’une importance sans limite aux yeux du vieillard. Néanmoins, il ne lui a jamais fait parvenir ses écrits puisque Denis les a dénichés dans une vieille malle. Jean se trouve alors happé par les carnets et ce qu’ils racontent. Face à l’histoire de son grand-père, il découvre un pan de l’Histoire de notre pays et le voilà surtout nez à nez avec un secret familial à percer.

« Entre prisonniers, les amitiés étaient vite établies. Pas de chichis. Les hommes ne naissent pas libres et égaux, mais collez-leur donc des fusils dans les mains et voilà qu’un roi des pouilles comme moi se retrouve à partager le pain avec deux bourgeois qu’un temps plus clément, un temps de Paix quoi, aurait condamné à servir. Parce que les bombes tombent sur tout le monde pareil, ma petite Anne-Lise. »

Je vous parle là d’un livre, entre l’autobiographie et la fiction, qui m’a chamboulée, retournée, bouleversée. C’est un roman que j’ai dévoré, blottie dans un plaid moelleux, parce qu’il me fallait bien l’impression d’un câlin pour surmonter avec Moïse les épreuves de sa vie. J’ai terminé sa lecture en larmes, véritables sanglots incontrôlables.

J’y ai fait un parallèle avec ma propre expérience, car c’est bien là le coup de maître de Baptiste Beaulieu : parvenir à faire en sorte que nous nous interrogions sur notre propre histoire, notamment celle qui nous lie à notre famille, mais aussi sur nos liens aux autres en général, sur le respect que nous leur devons.

Et cette bouteille jetée à la mer pour tenter de retrouver Anne-Lise, cette attachante inconnue dont il fête maintenant les anniversaires au côté de son papa, c’est la preuve que cet auteur – médecin avant d’être écrivain, s’il est un indice de son altruisme – est un homme bon, ouvert, dévoué. Sa plume est belle et juste, elle touche en plein cœur de par ses vérités. Elle ne passe pas par quatre chemins pour vous mettre face à des questionnements importants.

Lisez ce livre, admirez-le, parlez-en autour de vous, laissez-vous porter par les quelques photographies qui l’illustrent. Mais surtout, souvenez-vous, grâce à lui, que l’amour est le plus beau des cadeaux, à recevoir comme à donner.

« Martine a raison. Tout le monde a peur, a froid, a faim. Tout le monde fuit la solitude et, à la fin, tout le monde ment et se ment. La vérité (que nous nous refusons de reconnaître, car elle interdirait d’être méchant), c’est que chacun de nous porte en lui la nature humaine tout entière. Nous sommes, tous et toutes, tour à tour enfants et parents de nos frères les Hommes. Celui qui a compris cela ne peut pas – ne peut plus – se sentir jamais seul, ou faire de mal, tuer, être en colère contre son voisin sans se blesser, sans se tuer lui-même. »

Tiphaine

2 commentaires sur « Souvenirs de lecture #4 »

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