Souvenirs de lecture #6

La femme à la fenêtre – A.J. Finn
Editions Presses de la Cité

Il serait quand même grand temps que je vous parle du livre derrière lequel j’ai choisi de me cacher sur la première photo de moi que vous avez découverte. Cachée, comme « la femme à la fenêtre » lorsqu’elle espionne ses voisins. C’est l’une de ses passions favorites, ou plutôt l’un des passe-temps grâce auxquels elle occupe ses journées depuis qu’elle est séparée de son mari et de leur fille et qu’elle demeure recluse chez elle.

Ses autres moyens d’occupation? Jouer aux échecs sur internet, visionner de vieux polars en noir et blanc, boire du merlot plus que de raison, avaler des bétabloquants et des antidépresseurs. Inutile de préciser que ce n’est pas la joie dans la vie d’Anna. On apprend assez rapidement qu’elle a été une pédopsychiatre de renom, mais qu’étant désormais victime d’une agoraphobie extrêmement angoissante, voire paralysante, elle ne donne plus que de rares consultations virtuelles, masquée derrière l’écran de son ordinateur.

« Est-ce moi aujourd’hui, cette femme qui ouvre de grands yeux devant le spectacle de la ville comme un poisson dans son bocal? Une étrangère à ce monde, stupéfiée par l’apparition de nouvelles boutiques? Au fond de moi, une force palpite, furieuse et vaincue. Je sens mes joues s’empourprer. Oui, voilà ce que je suis devenue. Ce que je suis aujourd’hui. »

Je me suis trouvée plongée dans la lecture d’un thriller aux qualités très cinématographiques – la Fox est d’ailleurs en train de l’adapter pour les salles obscures – dans lequel, à l’instar du film Fenêtre sur cour, la recluse est témoin d’un meurtre dans la maison voisine, qu’elle passe de longues heures à observer chaque jour. Mais, faut-il la croire? Peut-on avoir confiance en son témoignage alors qu’elle-même, abrutie par le mélange alcool-médicaments, n’en est pas certaine?

« La maison me dévisage, les yeux grands ouverts, comme si elle était surprise de me voir la regarder. Je zoome, parcours la façade à travers mon viseur et me concentre sur le salon. »

J’ai apprécié que ce roman soit écrit à la première personne ; cela permet de ressentir une empathie quasi immédiate pour le personnage d’Anna qui, malgré ses abus et un comportement d’abord difficile à comprendre, cache au fond d’elle une lourde peine que l’on devine grâce aux indices savamment distillés par l’auteur à travers les chapitres. Les quelques autres intervenants tournant autour du personnage principal, notamment la kiné qui lui rend visite, son psy qui vient également à elle, un colocataire arrivant par la suite et l’inspecteur en charge de l’enquête – qui agit avec beaucoup de bienveillance face à Anna – apportent tous quelque chose à son quotidien et au déroulement de l’intrigue.

Certes, A.J. Finn ne révolutionne pas le genre selon moi, mais son histoire est efficace, bien écrite, et réserve son lot de rebondissements. C’est un livre que je conseille sans hésitation pour l’avoir non pas lu mais dévoré et que je prendrai certainement plaisir à relire un de ces jours. Voilà pourquoi j’ai choisi celui-ci pour me présenter à vous, mais aussi – j’avoue – parce que sa couverture, très graphique et sans chichis, compte parmi les plus jolies dans ma bibliothèque.

Connaissez-vous déjà ce roman? Vous a-t-il plu? Ou avez-vous envie de lire maintenant?

Tiphaine

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