Enchantée.

J’me présente, je m’appelle Henri.

En réalité, moi c’est Tiphaine. Mais à l’image d’Henri, je voudrais bien réussir ma vie. A une différence près, et pas des moindres : je ne sais pas chanter. Je ne peux pas voir défiler une journée sans écouter de la musique et pousser la chansonnette, certes, mais on est bien loin des concerts de cent mille personnes. Mon truc à moi, c’est plutôt les livres.

Les livres, j’aime les dévorer depuis longtemps – aussi loin que je m’en souvienne d’ailleurs. J’ai gardé en mémoire bon nombre d’ouvrages cartonnés que j’empruntais à l’école maternelle. Je les collectionne religieusement dans une bibliothèque qui se remplit trop vite et ne pourra bientôt plus tous les contenir. Me séparer d’une partie d’entre eux? Plutôt vendre mon âme au diable. Les -rares- amis et connaissances à qui j’ai accordé le privilège de m’en emprunter vous le confirmeront : d’ordinaire agréable et joviale, me voilà capable de me transformer en ogresse prête à vous engloutir si vous ne lisez pas assez vite pour me restituer mon trésor dans les temps. Souvent, lorsque je suis arrivée à la fin d’un livre et que vient le moment de le ranger en compagnie de ses congénères, je me retrouve à demeurer de longues minutes debout, à les observer. Jusqu’à ce que je ne puisse plus m’en empêcher. Alors, ma main se lève sans que je lui ai commandé de le faire et s’empare de l’un d’entre eux. Je caresse sa tranche, admire sa couverture, feuillette quelques chapitres au hasard et plonge mon nez dans les pages parfois jaunies par les années.
Des étagères qui se retrouvent couvertes de livres, à ployer sous leur poids, c’est tellement joli, tellement poétique, tellement propice au voyage et à la rêverie. Un bouillon de culture à portée de main.
Grâce à ceux que je possède, j’ai traversé beaucoup d’émotions plus ou moins fortes ; certains ont éveillé en moi des rires et des larmes inattendus, d’autre m’ont conduite à me questionner sur ma personne, d’autres encore m’ont aidée sans le savoir à surmonter des périodes de la vie plus difficiles. Et il en est une grande partie qui m’a donné l’envie de coucher sur le papier, moi aussi, des créations de mon imagination couplées à du vécu. Attention, je m’apprête à vous confier un secret bien gardé, encore très peu dévoilé autour de moi. Il y a quelques mois, j’ai mis un point final à mon premier roman, un travail d’écriture et, en quelque sorte, d’introspection, que j’aurais mis un an et demi à peaufiner. A la fin du mois de mai dernier, j’ai fait imprimer et relier plusieurs exemplaires de ce que je considère -presque, n’exagérons rien!- comme mon troisième enfant. Je les ai enveloppés avec beaucoup de précaution et les ai laissés me quitter pour rejoindre les boîtes aux lettres de différentes maisons d’édition. Une autre partie s’est envolée grâce au miracle d’Internet vers les boîtes mail de comités de lecture ne désirant plus recevoir de manuscrits imprimés pour des raisons d’écologie -que j’apprécie. En tout, une bonne quinzaine de tentatives.
Bilan presque trois mois plus tard : un tiers de refus, mais je m’autorise encore à croire en ceux qui ne m’ont pas retourné de réponse pour le moment.

Ici, je voudrais partager cet accomplissement avec ceux qui voudront bien se laisser porter par lui. J’imagine le dévoiler petit à petit pour, peut-être, aiguiser l’attention et faire poindre l’impatience. Entre chaque passage, je tacherai de vous faire découvrir d’autres articles comme celui-ci, pourquoi pas à propos de mes lectures, mais aussi de mon quotidien.
Je me trouve parfois naïve et bourrée d’une innocence encore très enfantine, mais je souhaite continuer à penser qu’un jour, proche ou plus lointain, je caresserai fièrement la tranche de mon propre livre.
Ma vie n’en sera pas plus heureuse, car je dois vous avouer que je suis une chanceuse qui rencontre pas mal de bonheur sur son chemin. Mais je serai comblée d’une nouvelle joie : celle d’avoir pu partager des sentiments et, sans prétention, d’avoir éveiller en d’autres ce que j’ai moi-même ressenti grâce à de nombreux auteurs.

Tiphaine

PS : du coup, essayez de ne pas être trop sévères dans vos critiques. Vous risqueriez de briser mon rêve.

PS2 : blague à part, tous les avis sont les bienvenus.